Le CRef cosigne un appel européen en faveur de la recherche et de l’éducation
Le CRef s'associe à ses homologues européens et signe un appel commun pour renforcer les programmes européens de recherche et d'enseignement.
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Une nouvelle étude menée par des chercheurs du GIGA de l'Université de Liège met en lumière le rôle inattendu de la protéine Stard7 dans le développement des cancers intestinaux. Longtemps considérée comme un simple transporteur lipidique, Stard7 apparaît aujourd’hui comme un acteur clé du métabolisme mitochondrial et de l’initiation tumorale dans l’intestin.
L
e cancer du côlon est l'un des cancers les plus répandus dans le monde : il est le troisième le plus diagnostiqué et la deuxième cause de décès par cancer. Malgré les progrès réalisés ces dernières années, les mécanismes qui déclenchent et alimentent cette pathologie restent encore partiellement méconnus. Pour avancer, les scientifiques ont besoin de modèles murins expérimentaux qui reproduisent fidèlement ce qui se passe chez l'être humain. C'est précisément ce qu'ont entrepris les chercheurs du Laboratoire de Chimie médicale du GIGA de l'ULiège.
Leur attention s'est portée sur Stard7, une protéine dont le rôle connu jusqu'à présent était relativement modeste : elle transporte des graisses vers les mitochondries, ces petites structures présentes dans chaque cellule et souvent comparées à des centrales énergétiques, car elles produisent l'énergie dont la cellule a besoin pour fonctionner. Sans cet approvisionnement en graisses, les mitochondries ne peuvent pas maintenir leur structure ni travailler correctement.
Pour explorer plus finement le rôle de Stard7, les chercheurs ont développé des modèles dans lesquels le gène qui fabrique cette protéine a été "éteint" uniquement dans les cellules qui constituent notre intestin, sans toucher aux autres organes. Cette technique de précision leur a permis d'observer les conséquences exactes de l'absence de Stard7 dans l'intestin. "Privées de Stard7, les cellules intestinales se retrouvent en difficulté sur plusieurs fronts à la fois, explique Alain Chariot, Directeur de recherches en cancérologie du FNRS. On s'aperçoit que leurs mitochondries tournent au ralenti, ce qui réduit leur capacité à produire de l'énergie. En réaction, les cellules génèrent davantage de molécules instables et agressives - les radicaux libres - qui peuvent endommager l'ADN et d'autres composants cellulaires."
Face à ce stress, la cellule se réorganise. Elle modifie sa composition en graisses et active un programme d'urgence piloté par deux régulateurs clés. Le premier, mTORC1, agit comme un chef d'orchestre de la croissance cellulaire qui, quand il est activé, pousse la cellule à se multiplier. Le second, ATF4, est un interrupteur moléculaire déclenché en situation de stress, qui réoriente la cellule vers la fabrication d'un acide aminé particulier, la sérine. Or, la sérine est précisément l'un des "carburants" favoris des cellules cancéreuses pour se développer et résister aux agressions. L'ensemble de ces bouleversements crée alors un environnement cellulaire propice à la transformation tumorale.
Un gène, deux effets
Mais la découverte la plus surprenante de l'étude est ailleurs. "Nous avons observé que les effets de Stard7 sur le cancer ne sont pas les mêmes selon les circonstances, reprend le chercheur. Dans un premier modèle, où le cancer est provoqué par une inflammation chronique de l'intestin - une situation comparable à ce qui peut se produire chez des patients souffrant de maladies inflammatoires intestinales - l'absence de Stard7 réduit la formation de tumeurs. Dans ce cas, la protéine jouerait plutôt le rôle d'un accélérateur de la maladie, et son absence protège l'intestin.
Mais dans un second modèle, qui reproduit la forme la plus fréquente du cancer du côlon humain (celle déclenchée par une défaillance d'un gène appelé APC, dont le rôle est normalement de freiner la prolifération des cellules intestinales), c'est l'inverse qui se produit... l'absence de Stard7 accélère l'apparition des tumeurs. Ici, la protéine agissait comme un frein naturel, et sa disparition lève ce frein."
Un nouveau modèle animal qui ressemble à la maladie humaine
De cette deuxième configuration est né un modèle murin expérimental inédit à la fois porteur d'une mutation du gène APC et de l'absence de Stard7 dans l'intestin. Ces souris développent rapidement de nombreuses tumeurs dans le côlon distal, la partie du côlon la plus souvent touchée chez l'humain, ce qui en fait des répliques particulièrement fidèles de la maladie telle qu'elle se présente chez les patients.
Ce modèle présente une autre caractéristique : la composition de leur microbiote intestinal ressemble à celle observée chez les patients atteints de cancer colorectal. Ce détail n'est pas anodin car il va permettre aux chercheurs d'explorer le lien entre déséquilibre du microbiote, dysfonctionnement des mitochondries et développement du cancer, trois phénomènes dont les interactions restent encore largement à déchiffrer. "Nos résultats montrent que Stard7 peut agir comme frein au cancer ou, au contraire, comme accélérateur, selon le profil génétique de la tumeur. Cette dualité rappelle qu'avant d'envisager un traitement, il est indispensable de connaître précisément les caractéristiques génétiques de chaque tumeur."
Cette nouvelle étude illustre l'un des grands défis de la médecine personnalisée, qui cherche à adapter les traitements non pas à la maladie en général, mais à chaque patient et à chaque tumeur en particulier. En créant un modèle animal réaliste et en décryptant les mécanismes cellulaires impliqués, cette étude pose des jalons concrets pour mieux comprendre, et sans doute un jour, mieux traiter l'un des cancers les plus meurtriers de notre époque.
Shostak, K., Chen, Y., Maurizy, C. et al. The lipid transfer protein STARD7 controls intestinal tumor development in a context-dependent manner. EMBO Mol Med (2026). DOI .1038/s44321-026-00409-5
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