Mission spatiale

Le savoir faire du CSL à bord de Solar Orbiter


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La mission spatiale Solar Orbiter, portée par l’ESA en collaboration avec la NASA, vient d’être lancée depuis Cap Canaveral aux États-Unis. A son bord, dix instruments qui vont permettre aux scientifiques de mieux comprendre le fonctionnement de notre étoile. Parmi eux, les instruments EUI (Extreme Ultraviolet Imager) et SOHO Hi (Solar Orbiter Heliospheric Imager) qui ont été pris en charge par les ingénieurs du Centre Spatial de Liège et du STAR Research Institute de l’ULiège.

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l était un peu plus de 05h00 du matin, heure belge, ce lundi 10 février 2020, lorsque la fusée Atlas qui emporte le satellite Solar Orbiter, a été lancée depuis la base américaine de Cap Canaveral en Floride. Cette mission, portée par l’Agence Spatiale Européenne (ESA) en collaboration avec son homologue américaine la NASA, souhaite étudier notre Soleil de très près afin d’en comprendre les comportements et la façon dont ceux-ci affectent l’environnement spatial autour de notre Terre notamment. "Solar Orbiter est une mission scientifique assez unique par la définition de sa charge utile (10 instruments) et par son orbite unique pour des imagiers, explique Pierre Rochus directeur du projet au CSL". Parmi ces instruments, les imageurs EUI (Extreme Ultraviolet Imager) et SOHO Hi (Solar Orbiter Heliospheric Imager) qui sont passés entre les mains des ingénieurs du Centre Spatial de Liège et du STAR Research Institute de l’Université de Liège.

EUI offrira des images uniques de notre étoile

L'instrument EUI (Extreme Ultraviolet Imager) a été conçu, aligné et testé au Centre Spatial de Liège, avec l’aide d’un consortium européen. Cet instrument composé de trois imageurs prendra des images in situ de la couronne solaire à différentes longueurs d'onde UV.  « EUI fournira des séquences d'images du soleil de très haute qualité, explique Aline Herman, ingénieure de recherche au CSL et au STAR Research Institute. EUI va également observer les pôles solaires « par au-dessus », ce qui n’a encore  jamais été réalisé auparavant. » L’étude des pôles solaires est d'une grande importance scientifique car elle va permettre une meilleure compréhension du magnétisme du Soleil et du cycle solaire qui dure environ 11 ans et nous fait passer d'une « saison solaire basse » avec peu de tempêtes de soleil à une « saison solaire haute » avec plus de tempêtes de soleil. « Les technologies terrestres peuvent être sérieusement perturbées par ces tempêtes solaires, phénomènes étudiés par la météorologie spatiale, reprend Aline Herman. En visualisant les pôles et les forces magnétiques, l'instrument EUI contribuera à percer le secret de ce cycle solaire. » Les images d’EUI seront exceptionnellement nettes, ce qui permettra d'étudier les détails de l’atmosphère solaire avec une résolution de quelques centaines de kilomètres de large.

EUI instrument 

SOHO Hi permettra d’étudier les vents solaire
« Le CSL a également travaillé sur l’instrument américain SOLO HI. Nous avons réalisé le design des optiques, des mesures de caractérisation des coating et des mesures de lumières parasites pour le NRL (Naval Research Laboratory,USA), explique Marie-Laure Hellin, responsable sur ce projet. » SOHO Hi (Solar Orbiter Heliospheric Imager). Cet instrument va permettre d'imager à la fois le flux quasi-stable et les perturbations transitoires du vent solaire sur un large champ de vision en observant la lumière solaire visible diffusée par les électrons du vent solaire. Il fournira des observations uniques du plasma solaire et permettra de réaliser des image du soleil et de l’héliosphère en se déplaçant au-dessus du plan de l’écliptique.

Toutes les équipes de recherche vont désormais attendre patiemment pendant 4 semaines jusqu’à ce que Solar Orbiter atteigne son orbite et que les portes du télescope s’ouvrent et que les instruments embarqués puissent prendre leurs premiers clichés et envoyer leurs premières données. C’est l'Observatoire Royal de Belgique qui, au niveau belge, gérera et coordonnera l'analyse des images du Soleil que l’instrument EUI génèrera.


Partenaires

Le projet EUI a été lancé en 2008 sous la direction scientifique de l'Observatoire royal de Belgique et la direction technique du Centre Spatial de Liège. L'EUI a été développé par un consortium européen avec des contributions importantes de la France (Institut d'Astrophysique Spatiale), de l'Allemagne (Institut Max Planck pour la recherche sur le système solaire), du Royaume-Uni (UCL-Mullard Space Science Laboratory) et de la Suisse (Physikalisch-Meteorologisches Observatorium Davos/World Radiation Center). La contribution belge a été financée par BELSPO (Bureau fédéral de la politique scientifique) par l'intermédiaire de l'ESA/PRODEX.

Contacts

Aline HERMANS

Marie-Laure HELLIN

Pierre ROCHUS

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