Alors que les attaques contre les travailleurs humanitaires se multiplient dans les zones de crise et que le droit international humanitaire est de plus en plus fragilisé, la Chaire internationale sur la protection des humanitaires, portée par l’Université de Liège et l’ONG Protect Humanitarians, fondée par Olivier Vandecasteele, franchit une nouvelle étape de son développement.
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n an après son lancement, la Chaire annonce l’adhésion de 21 nouvelles organisations et universités partenaires, renforçant ainsi un réseau international de recherche, d’expertise et d’action dédié à la protection et au soutien des travailleurs humanitaires à travers le monde.
La Chaire constitue aujourd’hui une plateforme unique réunissant chercheurs, acteurs de terrain et survivants d’incidents humanitaires afin de mieux comprendre les risques auxquels les humanitaires sont confrontés et de développer des réponses concrètes en matière de prévention, de protection, de prise en charge et de santé mentale.
Le consortium rassemble désormais 13 institutions académiques et 8 organisations opérationnelles actives dans des contextes variés, y compris dans des régions affectées par des conflits armés et des crises humanitaires majeures, notamment en Palestine, République démocratique du Congo et en Ukraine.
À l’occasion de ce premier anniversaire, un événement s'est tenu le 26 mai à l’Université de Liège en présence de la Rectrice de l’ULiège, Anne-Sophie Nyssen, du Directeur de Protect Humanitarians, Olivier Vandecasteele, ainsi que des représentants des institutions et organisations signataires de la Chaire.
Anne-Sophie Nyssen, rectrice de l’ULiège : « Un an à peine après son lancement, c’est un projet qui grandit et se structure à l’international autour d’une thématique qui mobilise nécessairement des regards pluriels et interdisciplinaires, notamment juridique, politique, psychologique et médical. Par exemple, la question de la santé mentale après une captivité s’avère cruciale et complexe dans sa prise en charge. C’est le rôle des universités de se saisir de ces questions et de les aborder de manière scientifique et innovante. La signature de la convention avec 21 nouveaux partenaires montre la pertinence du projet lancé par l’ULiège avec Protect Humanitarians.»
Frédéric Bouhon, professeur de droit public à l’ULiège et parmi les créateurs de la Chaire : “Je suis très heureux que la démarche que j’ai initiée avec quelques collègues liégeois et Olivier Vandecasteele trouve si rapidement un écho auprès d’autres universités et organisations prestigieuses dans le monde. C’est un véritable réseau international de compétences qui se met désormais en place sur la question — toujours aussi urgente — de la protection des travailleurs humanitaires. La dimension universitaire est renforcée, tandis que les connexions avec le terrain humanitaire est confirmée.”
Olivier Vandecasteele, Directeur de Protect Humanitarians: « Jamais les travailleurs humanitaires n’ont été autant pris pour cible. Rien qu’en 2025, plus de 950 d'entre nous été tués, blessés, kidnappés ou arrêtés à travers le monde. Derrière chaque attaque, chaque enlèvement, il y a des vies brisées, des traumatismes et des populations entières privées d’aide. Ayant traversé la détention arbitraire et la torture, je ressens combien ces violences laissent des blessures profondes et durables. Aucun survivant ne peut accepter de voir d’autres collègues traverser les mêmes épreuves sans une meilleure protection et un véritable soutien. Dans l'action humanitaire réside souvent le dernier espoir pour les populations frappées par les crises. Mieux protéger les humanitaires est une condition essentielle pour protéger les civils et préserver un minimum d’humanité dans les conflits. »
Gustave Mushagalusa Nachigera, Centre d'Excellence Denis Mukwege: « Face à l'insécurité persistante et aux violences armées à l'Est de la RD Congo, un réseau international de recherche sur la protection du personnel humanitaire renforcerait la sécurité, la prise en charge sanitaire et le soutien en santé mentale des acteurs humanitaires intervenant auprès des populations affectées. Protéger les humanitaires c'est préserver le dernier rempart de dignité dans l'une des crises humanitaires les plus complexes du monde.»
Signataires de la Chaire
- Alliance for Public Health Ukraine
- Bergen University - Centre for crisis psychology
- Bergen University - Society and workplace diversity research group
- Buea University
- Centre d'Excellence Denis Mukwege
- CoCreate Humanity
- Humanitarian Aid International
- Humanitarian Outcomes
- INCLUSIVE
- International NGO Safety Organisation (INSO)
- Karolinska Institute
- Médecins du Monde
- MHPSS Hub Red Cross/Red Crescent
- Observatoire canadien sur les crises et l’action humanitaires (OCCAH)
- Strathmore University
- Swiss Tropical and Public Health Institute
- Trinity College Dublin
- Université Catholique de Bukavu
- UCLouvain
- University College Dublin
- University of Cambridge - CRASSH
Contacts
Université de Liège - Frédéric Bouhon
Protect Humanitarians - Rafael Van den Bergh